Les tests de glucose sanguin à jeun devraient-ils remplacer les tests de tolérance au glucose oral pour le diagnostic du DME chez les femmes enceintes?

Les tests de glucose sanguin à jeun devraient-ils remplacer les tests de tolérance au glucose oral pour le diagnostic du DME chez les femmes enceintes?

Une étude récente menée dans le Queensland suggère que les tests de glucose sanguin à jeun pourraient être une alternative potentielle aux tests de tolérance au glucose oral (TTGO) pour le diagnostic du diabète sucré gestationnel (DSG) chez les femmes enceintes à faible risque. L’étude, publiée dans le Medical Journal of Australia, a révélé que l’exclusion du DSG chez les femmes présentant des taux de glucose sanguin à jeun inférieurs à 4,7 mmol/L n’augmentait pas les complications périnatales.

Traditionnellement, les femmes enceintes subissent des TTGO de plusieurs heures pour dépister le DSG. Cependant, les auteurs de l’étude ont comparé les résultats périnatals entre 2019 et 2020, lorsque les femmes enceintes ont opté pour des tests de glucose plasmatique veineux à jeun (GPVJ) en raison des craintes liées à la COVID-19. Les résultats ont montré que si le taux de glucose sanguin à jeun d’une femme était inférieur à 4,7 mmol/L, les chances d’obtenir un résultat anormal au test de tolérance au glucose étaient inférieures à 5%. Cela suggère qu’une proportion importante de femmes pourraient être exclues d’un diagnostic de DSG ou confirmées uniquement par leur taux de glucose à jeun.

Malgré ces résultats, des groupes d’experts tels que le Royal Australian and New Zealand College of Obstetricians and Gynaecologists (RANZCOG) et l’Australasian Diabetes in Pregnancy Society (ADIPS) ont exprimé leurs réserves quant au remplacement des TTGO par les tests de glucose sanguin à jeun. Ils soutiennent que des preuves supplémentaires sont nécessaires pour modifier les directives actuelles de dépistage du DSG et les critères diagnostiques.

L’étude a également révélé une légère augmentation des accouchements par césarienne pendant la période de la COVID-19, ce qui reflète une tendance internationale. Cependant, les auteurs ont noté que cette hausse n’était pas directement liée au changement de méthodes de dépistage du DSG, mais plutôt à l’impact de la pandémie elle-même.

Bien que l’étude fournisse des informations précieuses sur le potentiel des tests de glucose sanguin à jeun, il est essentiel de prendre en compte les limitations. Les données recueillies pendant la période de la COVID-19 auraient pu être influencées par divers facteurs tels que les changements dans les habitudes d’exercice, l’alimentation et les rythmes de sommeil. De plus, l’étude s’est concentrée sur une population spécifique du Queensland et n’a pas inclus de groupes culturellement et linguistiquement diversifiés.

En conclusion, la question de savoir si les tests de glucose sanguin à jeun devraient remplacer les TTGO pour le diagnostic du DSG reste un sujet de débat parmi les experts. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour aborder les préoccupations soulevées par les groupes d’experts et s’assurer que toute modification apportée aux méthodes de dépistage et de diagnostic du DSG est basée sur des preuves solides et tient compte de la diversité de la population des femmes enceintes.

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